Lorsqu’ils approchèrent des côtes de Sainte-Sécluse, les marins du continent voisin furent frappés de stupeur. Là où se trouvait autrefois un port animé et accueillant, un gigantesque mur de béton s’étendait désormais, entourant l’île entière comme un collier de pierre impénétrable. Le capitaine du premier bateau, un vieil homme au visage buriné par des années en mer, scruta la muraille avec incrédulité. « Par tous les dieux, qu’ont-ils fait ? » murmura-t-il. Ses hommes, tout aussi ébahis, se regroupèrent sur le pont, fixant ce spectacle surréaliste. Le mur, haut de plusieurs dizaines de mètres, semblait émerger des flots comme un titan endormi, parsemé de traces de rouille et de sel.